Aïe ça pique !

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Aïe ça pique !

Les mouches reviennent chaque année dès que les températures remontent, ces insectes malgré leur petite taille causent de nombreux tourments à nos animaux et occasionnent des pertes économiques importantes.
Petit zoom dans notre article sur une espèce largement rencontrée sur nos bovins et équins :

• Le stomoxe ou la mouche d’étable ou bien encore la mouche charbonneuse, de son vrai nom Stomoxys calcitrans. Elle était vectrice de l’anthrax ou maladie du charbon d’où l’une de ses appellations.

Les travaux de Gérard Duvallet, entomologiste et chercheur au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier, et de ses différents étudiants ces dix dernières années nous ont beaucoup appris sur ce petit diptère.

Anatomie

Le stomoxe adulte mesure 5 à 7 mm de long et présente des caractéristiques morphologiques semblables à celles de la mouche domestique (Figure .1), la présence d’une trompe grêle dirigée vers l’avant, le proboscis, permet de différencier le stomoxe, cet appendice long et non rétractile lui permet de piquer et de sucer le sang de sa proie.

Figure 1 : Différences morphologiques entre Stomoxys calcitrans (stomoxe, à gauche) et Musca domesticus (mouche domestique à droite, Nicolas 2014)

Biologie

Le cycle de vie complet des stomoxes dure environ 60 jours pour des températures avoisinant les 15°C et seulement 12 jours si les températures sont proches de 30°C. L’environnement, notamment la température et l’humidité, conditionne la durée de chaque étape de leur cycle de vie (Figure 2).

Le mâle comme la femelle sont hématophages. Sans repas de sang, ils ne pourront pas se reproduire. Après l’accouplement, les femelles pondent en général 400 œufs répartis en petits groupes dans la matière végétale en décomposition en présence ou non de déjections de gros animaux (foin, ensilages, fumier, litières). Après 36 heures d’incubation, les larves émergent et elles devront muer deux fois avant de pouvoir se transformer en nymphes (ou pupes). Les nymphes se métamorphosent en insectes adultes en 8 jours.

Le cycle de vie complet des stomoxes dure environ 60 jours pour des températures avoisinant les 15°C et seulement 12 jours si les températures sont proches de 30°C. L’environnement, notamment la température et l’humidité, conditionne la durée de chaque étape de leur cycle de vie (Figure 2).
Le mâle comme la femelle sont hématophages. Sans repas de sang, ils ne pourront pas se reproduire. Après l’accouplement, les femelles pondent en général 400 œufs répartis en petits groupes dans la matière végétale en décomposition en présence ou non de déjections de gros animaux (foin, ensilages, fumier, litières). Après 36 heures d’incubation, les larves émergent et elles devront muer deux fois avant de pouvoir se transformer en nymphes (ou pupes). Les nymphes se métamorphosent en insectes adultes en 8 jours.

Figure 2 : Cycle de vie de Stomoxys calcitrans (d’après Salem 2012 et Nicolas 2014)

Les stomoxes ont une activité diurne, le vol n’est possible qu’au-dessus de 10°C, ils pourront alors piquer avec agressivité. Ils s’attaquent préférentiellement aux ânes, chevaux, vaches et petits ruminants. Ils peuvent également ponctionner les hommes et les chiens. Ils repèrent leur victime via le thermotropisme, leur vue et leur odorat. Chez les bovins, les parties inférieures des membres sont privilégiées pour les repas sanguins surtout les antérieurs (Nicolas, 2014). Les stomoxes prélèvent du sang toutes les 30 h en moyenne en laboratoire. Les volumes prélevés sont très faibles, de l’ordre de 10 à 15 µL (Baldacchino et al, 2013) mais en fonction du niveau d’infestation du troupeau, ces prélèvements peuvent très vite pénaliser les animaux (Figure 3). Ainsi, à La Réunion, des attaques de plusieurs milliers de stomoxes sur un même animal sont courantes et conduisent à un volume de sang spolié de 0,5 à 1 L de sang par jour, ceci pouvant conduire à la mort de l’animal. Ces diptères sont présents sur l’animal seulement pour leur repas, en dehors de ces périodes, nous les retrouvons sur les murs clairs des bâtiments d’élevage ou sur la végétation, posés à prendre le soleil. Ils ne se nourrissent pas exclusivement de sang, ils consomment occasionnellement des fruits mûrs ou moisis, du pollen et du nectar. Selon Nicolas Lebrun (2019), les pertes économiques liées aux stomoxes sur la production laitière en France se situent en 1 et 7,7% de la production totale annuelle en prenant en compte une infestation de 2 à 15 stomoxes par patte sur une durée de 6 mois par an.

Figure 3 : Impacts négatifs des stomoxes sur les animaux cibles (d’après Nicolas, 2014)

De par leurs piqûres, les stomoxes sont des vecteurs mécaniques de nombreux pathogènes (Tableau 1). En France métropolitaine, la principale maladie infectieuse transmise par cet insecte est la besnoitiose bovine, elle est présente dans les deux tiers sud du pays et gagne vers le nord. Elle apparaît dans 80 % des cas entre juin et septembre quand les taons comme les stomoxes sont les plus actifs. La besnoitiose est due à une coccidie, Besnoitia besnoiti, qui entraine les premiers symptômes après 6 à 10 jours d’incubation si le système immunitaire du bovin ne maîtrise pas l’infection. Le parasite envahit tout l’organisme de l’animal en formant des milliers de petits kystes. L’animal, une fois contaminé, est toujours porteur de la coccidie et donc une source de contamination pour le troupeau. Une mortalité de l’ordre de 10% est observée. Il n’existe pas de vaccin pour protéger les animaux. Retirer rapidement l’animal atteint de l’élevage et dépister les animaux présents et entrant dans le cheptel constituent les deux moyens de limiter la propagation de la maladie tout en réduisant au maximum la pression d’infestation par les stomoxes et les taons, les vecteurs mécaniques de la maladie.

Tableau 1 : Principaux pathogènes transmis par le stomoxe (d’après Nicolas, 2014)

La maladie se développe en 3 stades (GDS, 2018) :
1. Phase fébrile (7 à 10 jours) : Forte fièvre (> 41°C), animal isolé sans appétit, essoufflé, larmoyant avec des jetages clairs, peau douloureuse, muqueuses congestionnées.
2. Phase d’œdèmes (de 1 à 3 semaines) : présence d’œdèmes sous-cutanés, hypertrophie testiculaire, locomotion difficile.
3. Phase de dépilation et de sclérodermie (plusieurs mois) : épaississement de la peau, crevasses aux articulations avec des surinfections, dépilation diffuse, petits kystes caractéristiques de la sclère oculaire (Figure 4), amaigrissement jusqu’à la mort de l’animal.

Figure 4 : Photographie du Dr Boris BOUBET des kystes oculaires sur une vache limousine atteinte de besnoitiose – GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

Bibliographie disponible via contact@greenforce-pro.com.