Entretien avec Nicolas Duhamel, cavalier EQUI'PASSION

Credits : dans , ,
72
Entretien avec Nicolas Duhamel, cavalier EQUI'PASSION

Rencontre avec Nicolas Duhamel 

Cavalier professionnel installé dans les écuries du Touquet depuis près de 8 ans, Nicolas Duhamel se consacre également au Coaching depuis quelques années. Il a rejoint l’équipe Equi’Passion depuis 2017. Nous aurons la chance de travailler tout au long des prochains mois avec celui-ci afin de vous présenter sa carrière, ses conseils techniques et pratiques sur l’utilisation des produits de la marque Équi’Passion. Green Force vous emmène donc à la découverte de ce dernier, qui nous a fait le plaisir de nous recevoir au Parc Equestre du Touquet afin de se prêter au jeu d’une première session de questions-réponses. 

Quels sont les moments marquants de votre parcours professionnel ? 

Nicolas Duhamel : Bien évidemment, il y a des moments, des victoires que l’on retient plus comme le CSI de Dunkerque que j’ai gagné en 2012 par exemple. C’est quelque chose que tu ne fais pas tous les jours, c’est assez exceptionnel. 

La progression, ou sentir que ton cheval se donne à fonds pour toi, se transcender pour toi, qu’il a envie de te faire plaisir, ce sont surtout ces moments-là qui comptent. Obtenir une certaine complicité avec ton cheval, lorsque que tu le connais bien, que tu sens qu’il est à 100% à tes côtés, que tu peux lui demander des choses plus compliquées sur le parcours parce que tu veux aller plus vite par exemple, et que tu sens qu’il se décarcasse pour tout donner, ce sont ces petits instants magiques. 

C’est moment permettent de se dépasser et de s’accomplir certainement ? 

Il y a toujours quelqu’un qui sera plus fort que toi, ou qui ira plus vite, c’est certains. Mais ce sont surtout ces moments-là auxquels j’attache beaucoup d’importance et qui apporte au plan personnel 

Il me semble que tu travailles les chevaux très précocement, n’est-ce pas ? 

Oui, j’aime beaucoup aussi mon travail sur les jeunes chevaux. On part de zéro, et on progresse constamment mais petit à petitParfois aussi en regardant en arrière, on se demande : « où est-ce que j’en était il y a quelques années avec ce cheval ? ». Le parcours que tu fais parfois juste  en quelques mois, c’est ça qui est super puissant. 

 
Pendant des années j’ai fait beaucoup de jeunes chevaux et c’est ce qui me plaisait, c’est-à-dire partir de rien, former les chevaux, être étonné, ou déçue car tu peux aussi l’être… Après il faut savoir se donner les bons objectifs.  

Comment es-tu arrivé au coaching ? 

J’ai évolué un peu devant une conjoncture plus difficile. Il y avait de moins en moins d’éleveurs, de moins en moins de jeunes chevaux et c’est là que la dimension coaching a émergé. Maintenant ce ne sont plus forcément les chevaux que tu fais progresser mais aussi les élèves.  

Quels sont les enjeux du coaching ? 

Trouver le bon cheval pour l’élève pour qu’il puisse progresser, l’amener à son objectif, ce n’est pas ton objectif d’entraineur pour lequel tu dois tout donner, c’est vraiment l’élève qui doit donner son objectif. Certains veulent seulement progresser sur du plat, ou avoir la sensation du saut, avoir la bonne position, se sentir à l’aise….Et pour d’autres c’est la compétition, être dans les premiers, donc il faut bien cerner l’objectif des cavaliers. Chaque année, il faut les inciter à définir leurs objectifs par eux-mêmes et en phase avec leurs possibilités. 

Le grand objectif de 2021 ? 

Cette année on a tous un objectif : c’est de faire les championnats d’Europe au Mans au mois de juillet. Il y a deux qualificatives à faire pour lesquelles j’essaie de motiver les cavaliers, avec aussi le championnat de France qui aura lieu en octobre.  

Et à titre personnel ? 

Il y a toujours un petit côté personnel c’est vrai, actuellement j’ai trois jeunes chevaux, je suis content car cela me donne de belles perspectives. Je veux rester à mon niveau, c’est-à-dire 140-145 et me faire plaisir

Quels types de personnes avez-vous l’habitude de coacher ?  

C’est vraiment très large en termes de niveaux comme de profilsPar exemple, j’ai ma fille de 10 ans qui fait du concours poney, mais j’entraine très peu pour ce type de concours. J’ai un peu tous les âges, mais 80% de mon activité représente des gens qui ont plus de 45 ans. Ce sont des passionnés avec un peu plus de liberté pour faire ce sport parfois très prenant en déplacements, préparation et intendance 

Quels sont les aspects que vous appréciez le plus dans votre profession ? Ou le moins ? 

Ce que j’aime le moins lorsqu’on parle du haut niveau, ce sont certaines méthodes d’entrainement employées, le nombre d’épreuves à effectuer, comment sont parfois gérer les chevaux. 

 
Ce que j’aime c’est la relation avec l’animal, et aussi avec les gens. Tu fais du coaching pour rencontrer des personnes, et j’adore rencontrer des gens, parler avec eux, apprendre à les connaitre, savoir ce qu’ils pensent. Ils te partagent une autre façon de penser, car j’ai beaucoup vécu avec des cavaliers, et le fait de travailler avec d’autres personnes t’aide à voir les choses autrement.   

Combien de personnes entraines-tu par an ? 

En fait c’est très variable car j’ai des profils de prestations très personnalisées. J’accompagne des élèves toute l’année, parfois pour très peu de temps et d’autres fois pour de longues séquences plus affûtées et assidues. En tout ça représente près de 60 à 70 cavaliers.

Quelles sont selon vous des erreurs à éviter, ou quels conseils pourriez-vous donner ? 

Le plus important conseil pour moi c’est de rappeler que le cheval est un être vivant. Il faut savoir qu’il ne peut pas être toujours en forme, et quand c’est le cas il ne faut pas s’acharner. Il faut le respecter. Avec l’âge, l’expérience nous l’enseigne. Il faut se rappeler que l’on fait ça car on aime les animaux.  

Un autre conseil, il faut selon moi toujours être prudent et bien encadrer son cheval. Par exemple, l’entrée dans le camion ne doit pas être une punition pour les chevaux, il suffit que l’on s’y prenne posément, qu’on lui donne les bonnes indications, qu’on le mette en confiance, qu’on le dirige bien. L’intonation de la voix, son propre comportement aussi font que le cheval se sent en confiance. 

Merci à Nicolas Duhamel pour cet entretien authentique et passionné. Rendez-vous sur notre page FACEBOOK EQUI’PASSION pour toutes nos actualités.

Vous pouvez aussi nous retrouver sur GREEN FORCE. 😉